Danser les ombres du monde... et y mettre de la lumière
Ce que TEDxParis 2026 a ouvert comme perspectives sur notre manière d’agir dans l’incertitude.
👋 Bonjour !
Bonjour à tous et à toutes !
Bienvenue aux nombreuses personnes qui se sont abonnées récemment !
L’actualité est dense en ce moment, on se demande parfois comment continuer à agir dans ce monde instable, traversé de tensions, de peurs, de récits contradictoires et de transformations profondes.
Malgré tout, ce qui me guide depuis un moment maintenant est de tout faire avec intention et conscience, en participant à mettre davantage de lumière dans le monde.
C’est à la fois ce qui me fait vibrer intérieurement et ce qui me semble être plus nécessaire que jamais à ce moment de notre histoire commune.
Il me tient donc à coeur de poursuivre mes partages dans ce sens, avec un format un peu différent, sous forme de triptyque de réflexions, d’exemple d’action, et d’émotions, pour nourrir ensemble nos capacités d’agir.
Si vous n’êtes pas encore abonné(e) :
Au programme aujourd’hui :
Mes réflexions sur l’édition 2026 de TEDxParis
Une invitation à agir pour la société avec l’association Les Emergences
Quelques actus
Un partage cinématographique bouleversant
Mes propositions pour vous
Vous pouvez écouter cette newsletter au format audio ici.
“Danser les ombres du monde”
Je vous parlais plus haut de mon souhait de mettre plus de lumière dans le monde. Et pour parler de lumière, je vais commencer par vous parler… d’ombres !
Le 10 février dernier, j’ai assisté à l’édition 2026 de TEDx Paris avec ma chère “collègue” et amie Sophie Plumer.
Le titre de cette édition était “Danser les ombres du monde”. Tout un programme, n’est-ce pas ?
Je vais revenir sur les interventions, mais j’aimerais commencer par m’intéresser au choix de ce titre.
Celui-ci m’est resté en tête depuis, ainsi que l’envie de vous parler de cette soirée.
Nombre d’entre vous l’auront sans doute relevé, le titre de l’événement - Danser les ombres du monde - est inspiré de la chanson Un autre monde du groupe Téléphone. Si vous n’avez pas la réf, voici le clip réalisé en 1984 par Jean-Baptiste Mondino.
Si cette chanson évoque essentiellement la dépression et la solitude de Jean-Louis Aubert au milieu d’une période de tumulte dans le groupe (qui mènera à leur séparation et au lancement de la carrière solo du chanteur), elle parle aussi de la force qu’il a eue pour s’en sortir. Alors qu’il sombrait, il a eu la force et le courage de bouger, de sortir. Il a raconté récemment dans une émission : “Je suis sorti (…), en une semaine mon destin a changé”. (Il semblerait qu’il ait rencontré l’amour de sa vie à ce moment-là).
Pour présenter l’édition 2026 de TEDxParis, Michel Lévy-Provençal, son organisateur/curateur, a parlé du Kairos, ce “moment fragile où tout peut basculer” dans ce monde qui nous chamboule. Il nous dit “C’est dans l’ombre que ce moment surgit. C’est là, dans l’obscurité, que nos pupilles s’ouvrent le plus grand. Et si l’art de notre époque consistait à danser avec les ombres du monde ? Si le monde tremble, c’est peut-être qu’il danse. Et si nous apprenions à danser avec lui ?”
Au-delà de la superbe poésie de ce titre - danser les ombres du monde - ce choix rend hommage à cette chanson qui décrit le désespoir et ce fameux kairos qui fait tout basculer, proposant un parallèle entre ses paroles universelles et la vie individuelle de Jean-Louis Aubert, dans laquelle chacun.e peut se reconnaître, malgré des vies qui n’ont rien en commun.
La danse, ce n’est pas seulement le mouvement. C’est une invitation à ne pas subir passivement, à entrer en relation, à s’ajuster, à suivre le tempo par moments et à le donner à d’autres, à improviser, à transformer l’instabilité en art et en joie.
“Danser les ombres” propose une syntaxe inhabituelle. Au premier abord, la phrase paraît étrange car elle casse une attente grammaticale qui nous oblige à nous arrêter sur son sens. Habituellement, le verbe “danser” est intransitif ou transitif indirect (danser avec). Ici, il est transformé en transitif direct grâce à une licence poétique. Cette légère désorientation ouvre plusieurs interprétations et fait écho au fond du propos : nous parlons d’un monde qui n’est pas stable.
“Danser les ombres” nous invite aussi à être lucides face à elles : nous pouvons les regarder sans les nier ni les simplifier.
Dans les paroles originales de la chanson, ce sont les ombres du monde qui dansent. Ici, c’est nous qui les dansons.
Au fond, je crois que ce titre résonne pleinement avec le sujet de l’agentivité (pour rappel : la capacité à agir avec intention et conscience sur soi et son environnement - je vous remets le lien vers la newsletter qui y est dédiée). Il encourage à passer d’une posture de contrôle ou de peur à une posture de relation, d’une logique de maîtrise à une relation d’ajustement, d’une recherche de certitude à une capacité d’habiter l’incertitude (thème très en vogue en ce moment).
Il fait aussi écho à l’agentivité narrative (newsletter dédiée ici) - la capacité à naviguer dans les récits qui nous entourent - car “danser les ombres du monde”, c’est reconnaître les récits dominants et implicites, les contraintes, les zones floues, les espaces qui font peur, et pourtant continuer à agir, interpréter, reconfigurer, et faire émerger de nouvelles possibilités à partir d’un contexte contraint.
Je pense aussi bien sûr au concept d’ombre développé par Carl G. Jung. Il désigne ces parts de nous-mêmes que nous ne voyons pas - ou que nous préférons ne pas voir - et qui pourtant continuent de se manifester, parfois de manière indirecte, dans nos réactions, nos blocages ou nos élans inexpliqués.
C’est une notion importante qui revient dans mes accompagnements individuels.
Explorer son ombre, c’est accepter de regarder ce qui, en soi, échappe, dérange ou résiste, pour mieux comprendre ce que cela vient dire de nous et ajuster notre manière d’être et d’agir.
Nous composons (formidable mot polysémique) le monde, alors danser les ombres du monde, c’est forcément danser nos ombres intérieures aussi. Et je suis convaincue que c’est en menant un travail intérieur d’exploration et de guérison que nous parviendrons à mettre plus de lumière en nous et dans le monde.
En bref, l’intention de ce titre et de cet événement est de nous inviter à ne pas fuir les incertitudes et les tensions de notre époque, mais à entrer en relation active avec elles, pour y trouver des moments de bascule, de création, et de transformation.
Les années 1980 sous les spotlights
Un élément me paraît important également : la chanson à l’origine du titre provient des années 1980.
Hasard du calendrier - ou pas - j’écris ce texte après avoir vu Juste une illusion, le dernier film d’Olivier Nakache et Eric Toledano, situé dans ce contexte (et au sein duquel la chanson Un autre monde a une place importante). Il y a-t-il quelque chose qui nous ramène collectivement à cette époque en ce moment ? Qu’a-t-elle à nous dire ?
Le début des années 80 rend visibles et durables des transformations amorcées dans la décennie précédente.
En France et en Europe, les modèles hérités des Trente Glorieuses commencent à s’effriter : le chômage devient structurel, les trajectoires professionnelles cessent d’être linéaires, les institutions qui structuraient les existences perdent une partie de leur évidence.
Dans le même temps, de nouveaux imaginaires émergent : individualisation des parcours, transformation des identités professionnelles, montée de l’incertitude comme condition durable.
Plusieurs sociologues (comme Gilles Lipovetsky ou Anthony Giddens) ont décrit cette période comme un moment de bascule vers des trajectoires plus individualisées et incertaines.
Nous sommes aujourd’hui engagés dans une nouvelle phase de recomposition, qui concerne notamment le sens accordé au travail, l’accélération technologique, les formes d’organisation, et les récits collectifs qui les accompagnent.
Dans les deux cas, il ne s’agit pas seulement de changements techniques ou économiques, mais de déplacements plus profonds dans la manière dont les individus se situent dans le monde. Mobiliser l’imaginaire des années 80 aujourd’hui suggère une attention à ces moments intermédiaires, où les récits individuels et collectifs sont encore en train de se reconfigurer.
Les interventions
Intéressons-nous maintenant aux différentes prestations de l’événement en lui-même.
Nous avons vu que le titre était inspiré d’une chanson écrite par un artiste humain (Jean-Louis Aubert), et, pendant la soirée, il a été mis en avant que la création graphique de l’événement avait été réalisée par un artiste humain également (Maxime Grehier - que l’on peut même voir peindre sur Instagram). Faudra-t-il désormais préciser qu’une œuvre est humaine pour lui donner sa valeur ? La question est ouverte.
Entre cela et le fait que “la programmation vise à promouvoir une vision à la fois optimiste et réaliste” (extrait du site officiel), je m’attendais à être embarquée dans un univers réjouissant. J’ai bien vu le mot “réaliste” mais je pensais que l’optimisme primerait.
J’ai déchanté quand le premier intervenant nous a parlé de robots qui allaient s’immiscer partout dans nos vies. J’ai vraiment été décontenancée. Nous nous sommes regardées avec Sophie, effarées, nous demandant si c’était vraiment ce monde-là pour lequel nous voulions nous battre. Et surtout pourquoi ce monsieur venait nous vendre ses robots.
Et puis je me suis apaisée.
Je me suis demandé quelle était l’intention derrière cette soirée. Le message que les organisateurs voulaient transmettre. J’en suis arrivée à la conclusion que plusieurs points de vue nous étaient présentés pour nous faire nos propres convictions. Peut-être est-ce que comme cela à chaque fois (si des habitué.e.s des TEDx me lisent, n’hésitez pas à me dire !).
Chaque intervention était effectivement une invitation à danser avec une ombre.
Je vous en dis quelques mots.
Stéphane Bohbot, CEO du groupe Innov8, nous a dit en somme : les robots vont arriver quoiqu’il arrive, les Chinois sont en avance, nous n’avons pas d’autres choix que de nous y intéresser et d’essayer de le faire de la manière la plus éthique et soutenable qui soit. Derrière ce discours, j’ai entendu une forme d’injonction à ne pas rester spectateurs, même lorsque la direction prise interroge ou dérange. (Il y a bien sûr matière à débat là-dessus, mais vous voyez l’idée).
Primavera De Filippi, chercheuse, nous a présenté une IA générative personnelle, alimentée par notre propre intelligence, comme une alternative aux modèles actuels qui recyclent massivement des contenus existants, et produisent du “slop”. Elle a évoqué une idée intéressante : les idées les plus singulières sont souvent statistiquement insignifiantes - et donc peu visibles dans les systèmes actuels. Une manière de rappeler que ce qui fait réellement émerger du nouveau échappe souvent aux logiques dominantes.
Xiyao Li, ingénieure, nous a parlé d’une IA capable d’accélérer la découverte de nouveaux matériaux, en croisant des données et des hypothèses à une vitesse inédite. Elle a fait un parallèle avec son propre parcours d’intégration en France depuis la Chine, évoquant les ajustements nécessaires pour naviguer entre différents systèmes de référence. Une manière d’incarner ces transformations technologiques dans une trajectoire humaine.
Agnès Pannier-Runacher, députée et ministre, nous a parlé du manque de confiance dans les politiques. Son apparition était à la fois surprenante et pas très marquante, j’en ai d’ailleurs gardé peu de souvenirs. Néanmoins, elle incarne à tous points de vue une vraie question : que fait-on des politiques en qui nous n’avons plus confiance ? (Le dernier baromètre Cevipof n’étant pas très rassurant sur le sujet).
Bruno Giussani, auteur et ancien directeur de TED, a mis en lumière l’importance de notre souveraineté numérique. Il a rappelé que derrière les outils que nous utilisons au quotidien se jouent des enjeux de dépendance, de pouvoir et de maîtrise, souvent invisibles mais structurants.
Sonia Belaïd, experte en cryptographie, a partagé avec nous les développements du chiffrement quantique face aux menaces exponentielles de la tech et des dangers associés. J’ai donc appris le terme de “cryptographie post quantique” et intégré qu’il fallait trouver des problèmes mathématiques plus difficiles à résoudre par l’ordinateur quantique.
Marc Bouzic et François Pons, deux cousins qui ont voyagé ensemble, nous ont dit “soyez cash plutôt que con” et nous ont parlé d’accepter les différences de chacun à travers des leçons sur le handicap.
Alexis Rosenfeld, explorateur-photographe, a tiré l’alarme sur la disparition des océans et nous a fait nous poser ces questions : Est-ce que documenter un monde qui disparaît est un acte neutre ? Si vous ne deviez montrer qu’une seule chose à vos enfants, ce serait quoi ?
Alexis Landot, qui grimpe à mains nues sur des gratte-ciels, a partagé son rapport au risque et à la peur. Il a montré que la peur ne disparaît pas, mais qu’elle peut être apprivoisée, comprise, et même devenir une alliée pour rester serein dans des situations extrêmes.
Emmanuel Chiva, CEO d’Onera (Le centre français de recherche aérospatiale) et ancien Délégué général pour l’armement, nous a plongés dans les coulisses de la RED Team, un dispositif qui mobilise la science-fiction pour anticiper les menaces futures. À travers la création d’univers cognitifs sur mesure et l’exploration de “cônes de vraisemblance”, ces équipes imaginent des scénarios extrêmes : manipulation du vivant, altération des perceptions, géo-ingénierie ou encore transformation du climat. L’objectif n’est pas de prédire, mais d’élargir le champ des possibles pour mieux s’y préparer. Ce travail repose sur une conviction forte : face à des risques inédits, penser hors des cadres devient une nécessité. Cela suppose de croiser les disciplines, de résister à l’urgence du court terme, et de préserver une capacité à se projeter dans le temps long. Ce qui m’a particulièrement marquée, c’est cette idée que l’anticipation n’est pas uniquement une affaire d’experts ou d’institutions. Elle engage une responsabilité plus large : celle de ne pas subir les transformations à venir, mais de les regarder en face. Et peut-être surtout : pour protéger demain, l’imagination devient une ressource stratégique et une arme.
Chirinne Ardakani, avocate franco-iranienne, nous a fait vivre un moment bouleversant. Sans nouvelles de son père depuis des semaines, à cause des répressions du régime iranien (c’était avant le déclenchement de la guerre), elle nous a lu une lettre qui lui était adressée. Nous avons alors tous et toutes allumé la lampe torche de nos téléphones pour créer un océan de lumière. C’était une invitation sobre à nourrir l’amour et la lumière malgré le pire.
Jean Birnbaum, journaliste, essayiste, responsable au “Monde des livres”, a proposé une intervention autour du courage de la nuance. Dans un contexte marqué par la polarisation, il a rappelé l’importance de rester lucide, d’oser voir ce qui est là - y compris ce qui dérange ou ce que l’on préfère ne pas nommer. Il s’appuie notamment sur Charles Péguy pour évoquer cette exigence de “voir ce que l’on voit”, même lorsque cela expose à une forme de solitude. Il a également évoqué la position de George Orwell pendant la guerre d’Espagne : aucune cause, aussi juste soit-elle, ne dispense de dire la vérité. Dans cette perspective, la nuance n’est pas une position confortable. Elle demande un engagement réel, parfois coûteux, mais nécessaire pour ne pas participer, par silence ou simplification, à l’aggravation de ce que l’on cherche à éviter. Il propose une forme d’exigence : s’engager de manière radicale dans la nuance. Une posture qui demande à la fois du courage, de la lucidité, et une capacité à rester en tension sans céder à la simplification.
Ce que j’en retiens
Je crois que les interventions allaient crescendo vers le meilleur. Et cela ne m’a pas étonnée rétrospectivement de préférer les 3 dernières prises de parole (vous l’avez peut-être deviné à la longueur des paragraphes) :
Emmanuel Chiva - pour l’anticipation, la collaboration, l’imagination
Chirinne Ardakani - pour la lumière et le soutien collectif face au pire de l’humanité
Jean Birnbaum - pour la nuance, la réflexion, le besoin de courage.
Et l’événement s’est achevé, comme à chaque fois visiblement, par un récap extrêmement drôle de Cyrille de Lasteyrie.
J’ai commencé la soirée avec une sensation d’effroi, je l’ai terminée avec de l’espoir, après avoir été bouleversée par la lumière provoquée par Chirinne et dans les rires avec Cyrille. Le tout avec de multiples réflexions sur le monde que nous voulons créer pour demain.
Nous avons échangé plusieurs jours avec Sophie sur ce qui nous avait traversé.
Je crois donc que c’était une réussite nous concernant !
On n’est pas toujours à l’aise avec les changements que nous traversons. Mais il est possible de s’y ajuster, et de choisir plus consciemment où mettre notre énergie.
Ce que je retiens de cette soirée, c’est moins une réponse qu’une invitation : exercer son esprit critique, prendre part aux choix qui se dessinent, et cultiver cette capacité à agir avec intention et conscience, autrement dit son agentivité.
Episode Work Narratives x Les Emergences
Un moyen concret de mettre plus de lumière dans le monde, c’est d’agir collectivement pour créer de nouveaux modèles plus vertueux. C’est ce que l’on fait au sein de l’association Les Emergences.
Engagée depuis maintenant plusieurs mois, j’ai eu le plaisir de réaliser un épisode de Work Narratives avec Jérémy Lamri, fondateur du mouvement.
Au fil de la conversation, nous parlons de la création de l’association, de son fonctionnement, et nous explorons plusieurs pistes pour réinventer nos manières de faire société :
Le concept d’économie quaternaire, qui invite notamment à reconnaître toutes les contributions au bien commun, au-delà du seul travail marchand
Le rôle de la prospective pour rouvrir l’imaginaire et redonner envie d’agir
Des outils concrets comme le jeu Première Émergence, conçu par Jérémy pour expérimenter la complexité des décisions collectives
Soutenir les ODD+ qui sont une vision enrichie des Objectifs de Développement Durable de l’ONU, adaptée aux enjeux culturels, sociaux et écologiques d’aujourd’hui
Et la conviction que le futur ne se prédit pas seulement : il se construit.
Pour écouter l’épisode, c’est juste ici.
Actus
Si j’ai moins écrit ici ces derniers temps, c’est que j’ai été bien occupée !
Dans mes highlights du mois de mars autour de l’agentivité, j’ai eu l’immense plaisir de proposer ma conférence « Travailler ensemble, c’est superposer nos cartes du monde » au Crédit Agricole. C’était un moment très riche, avec des échanges passionnants avec les participants suite à mon intervention. Si vous souhaitez organiser dans votre entreprise, voici quelques infos sur mon site. N’hésitez pas à me contacter pour en parler !
J’ai aussi eu la grande joie d’apporter ma pierre à l’édifice de Céline Munsch pour un ambitieux programme ambassadeurs et formation de managers sur l’agentivité. Nous allons continuer de travailler ensemble pour déployer ce sujet.
En bref, je continue de porter haut et fort le sujet de l’agentivité et voir l’écho que cela peut avoir sur les participant.e.s me remplit de joie à chaque fois. C’est pas à pas que nous avançons collectivement sur ce sujet, autour de ce mot encore trop peu connu.
Le 10 avril dernier, il y aussi eu ma remise de diplôme du Master Recherche en Etudes et Théories des Organisations ! Une sacrée étape qui vient clore un chapitre important - qui a d’ailleurs été à l’origine du lancement de cette newsletter !
Pour boucler la boucle, une photo-souvenir de l’événement :
Le film Hamnet
Pour mettre de la lumière dans nos mondes intérieurs et dans le monde extérieur, il est nécessaire d’ouvrir nos coeurs. Cela me réjouit d’entendre dans de plus en plus d’endroits le mot Amour. Pas d’une façon niaise ni naïve, mais de façon sérieuse et lucide. Et cela m’a donné envie de vous partager ce texte que j’ai écrit à la sortie de la projection du film Hamnet.
Pour la première fois de ma vie je crois, je suis sortie d’une séance de cinéma tout autant bouleversée que « speechless ».
Je n’avais plus les mots. Pas les mots pour exprimer mon émotion, ou plutôt le tourbillon d’émotions dont je venais d’être submergée.
J’ai beaucoup pleuré pendant le film, et même encore sur le chemin du retour, sans pouvoir mettre des mots sur ce que je ressentais.
Etait-ce ma fascination pour ce que les femmes vivent depuis la nuit des temps lors de leur accouchement et mis en lumière de façon brute et animale ?
La puissance d’Agnes au sujet de ses intuitions, de son rapport à la nature, sur sa connexion au monde, son association au terme de « sorcière » ?
La douleur de la voir perdre un enfant ?
Cette douleur inimaginable et pourtant si palpable.
Le fait de prendre conscience une fois de plus de tout ce qui nous a porté.e.s jusqu’ici, de tout le chemin de nos ancêtres, de l’évolution de notre rapport aux autres et au monde ?
De voir le pouvoir de l’art, du récit, de la fiction, dans une mise en abîme sublime de l’histoire de Shakespeare et de sa famille et nous qui la regardons et y plongeons ?
Ce film a remué mon ventre, mon coeur, mon esprit. En somme, il m’a remuée entièrement. Bouleversée, chamboulée.
Après avoir été sans mots, je me suis remise à écrire, comme si la puissance de cette oeuvre avait ravivé une flamme en moi.
Celle de mon désir de participation à l’oeuvre du monde, même quand tout semble s’écrouler.
Peut-être précisément parce que tout semble s’écrouler.
J’ai repensé à deux films qui m’avaient tant fait pleurer et qui ont une place à part dans mon coeur : Call Me by Your Name et La La Land.
J’ai souvent décrit le premier comme le film qui décrit le mieux les émotions de la vie pour moi, il me transperce le coeur, avec une forme de plongeon intense et immense dans la vie.
Le second me fait chavirer car il évoque les chemins pris et ceux auxquels on renonce. « The road not taken » (pour citer le poème de Robert Frost).
Je crois que ce qui relie ces trois films, c’est la puissance des émotions, de la vie, de l’Amour, et de notre choix de poursuivre, le coeur grand ouvert.
Je serais vraiment curieuse et heureuse de savoir dans quel état vous êtes sorti.e.s de de cette séance si vous avez vu cette merveille qu’est Hamnet.
Mes questions pour vous
Dans quels espaces trouvez-vous de la lumière ?
Avec quelles ombres êtes-vous prêt.e.s à danser ?
Qu’est-ce qui vous donne envie d’agir ?
Quelles oeuvres de fiction vous ont bouleversé.es ces dernières années ?
Parlons-en !
Qu’avez-vous pensé de ce numéro ?
Le rythme est un peu moins soutenu que prévu mais je compte bien continuer d’investir cet espace de réflexions et d’échanges.
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A bientôt !
Valentine





